HyFact 2017 n°3: De la Chine à l’Australie en passant par Pau

Même la fin d’année n’arrête pas les annonces dans l’hydrogène! Cliquez sur le liens pour accéder aux articles originaux.

  1. Ballard lance une nouvelle génération de pile à combustible pour les drônes.
  2. Pau: le projet de bus à hydrogène va recevoir une subvention d’1,5 million d’euros
  3. Un nouvel autobus à hydrogène a été dévoilé jeudi à Wuhan, ville du centre de la Chine. Au moins 3 000 unités devraient suivre sur 2 ans à l’échelle nationale.
  4. ITM Power lance une nouvelle filiale pour développer son marché en Australie.

 

L’électricité Polonaise à contre courant

Le groupe énergétique polonais Enea a inauguré mardi dans sa centrale électrique de Kozienice (centre) une tranche charbon de 1 075 mégawatts, la plus grande d’Europe, selon l’entreprise, réalisée par le Japonais Mitsubishi Hitachi Power Systems.

« La tranche B11 est la plus grande et la plus moderne en Europe », a souligné Krzysztof Figat, président de la branche production, Enea Wytwarzanie, contrôlée par l’Etat polonais, lors de la cérémonie de lancement retransmise en direct sur internet. La nouvelle unité, onzième sur ce site et représentant un investissement de 1,5 milliard d’euros, portera la capacité globale de Kozienice à près de 4 000 MW. Elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne.

Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100 000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite. La plus grande centrale polonaise à lignite, située à Belchatow (centre), affiche une capacité de près de 5 300 MW ce qui la place parmi les trois plus grands sites du genre dans le monde.

Alors que la part du charbon et du lignite ne cesse de baisser dans la production d’électricité de l’UE, le gouvernement conservateur de Droit et Justice (PiS) avait déclaré son attachement au charbon, pourtant peu compatible avec le concept de l’énergie verte. « La nouvelle unité augmentera la sécurité énergétique de la Pologne et des Polonais, qui est une priorité économique et politique de notre pays », s’est félicité le nouveau Premier ministre Mateusz Morawiecki.

Le gouvernement du PiS a freiné le développement des éoliennes et tarde à décider s’il doit construire ou non la première centrale nucléaire polonaise. Régulièrement, le taux de pollution de l’air en Pologne est parmi les plus élevés d’Europe. Lundi, la Pologne a respiré l’air le plus pollué du continent, selon une étude de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).

Environ 70% des ménages polonais brûlent du charbon de mauvaise qualité, voire des déchets, dans leurs vieux poêles, et une grande partie de l’électricité vient de centrales à charbon datant de l’époque communiste. Aussi la Pologne figure-elle parmi les pays le plus pollués de l’UE.

HyFact 2017 n°2: Acquisition, financement, feuille de route et +

Une semaine chargée en (bonnes) nouvelles pour le monde de l’hydrogène. Cliquez sur les liens pour accéder aux articles originaux.

  • Plastic Omnium fait l’acquisition de deux entreprises de l’hydrogène (Swiss hydrogen et Optimum CPV)
  • Le projet ZEV (Zéro Emission Valley) reçoit une subvention de 10 millions d’euros.
  • Toyota dévoile sa feuille de route 2020-2030.
  • Suez remporte un appel d’offre dans le Val de marne pour un incinérateur produisant de l’hydrogène.
  • La construction de Jupiter 1000 (Power to Gas) a officiellement été lancée.
  • Hype va accueillir dix Toyota Mirai supplémentaires

Bilan du One Planet Summit

Désengagement des énergies fossiles, pression sur les entreprises pour « verdir » leurs activités, coalitions: le « One Planet Summit » sur le climat, mardi à Paris, a été l’occasion pour les acteurs économiques et financiers d’annoncer plusieurs engagements contre le réchauffement.

Pétrole et gaz

La Banque mondiale a annoncé qu’elle arrêterait de financer après 2019 l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz. Elle est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement. En 2016, ses financements dans l’industrie pétrolière et gazière ont représenté près d’1,6 milliard de dollars, soit moins de 5% de la totalité des fonds accordés.

A partir de 2018, elle publiera tous les ans les émissions de gaz à effet de serre des projets qu’elle finance dans les secteurs les plus émetteurs, comme l’énergie. Elle entend généraliser la prise en compte d’un prix interne du carbone dans ses futurs investissements.

Charbon

L’assureur Axa a annoncé qu’il renonçait à assurer et à investir dans toute entreprise engagée dans la construction de centrales à charbon. Le groupe français compte aussi retirer près de 2,5 milliards d’euros d’investissements dans le secteur. Axa a promis de se désengager à hauteur de 700 M d’euros des projets liés aux sables bitumineux. Il va en parallèle accroître de 9 mds d’euros ses investissements « verts » (infrastructures…) d’ici à 2020.

La banque néerlandaise ING s’est engagée à « accélérer la baisse » des financements des centrales à charbon. D’ici à 2025, elle ne financera plus que les producteurs d’électricité utilisant moins de 5% de charbon et arrêtera de financer directement les projets de centrales à charbon.

Adaptation climatique

La fondation Bill Gates va consacrer 315 M de dollars à la recherche en agriculture pour aider les plus pauvres, notamment en Afrique, à s’adapter au changement climatique. La Commission européenne mobilisera 318 M de dollars pour cet objectif.

L’Agence française de développement (AFD) a signé, dans le cadre d’un dispositif de 30 M d’euros sur quatre ans, des accords avec l’île Maurice, les Comores, le Niger et la Tunisie, pour les accompagner dans l’adaptation aux impacts des dérèglements (systèmes d’alerte, lutte contre l’érosion…). Le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, a reconnu que « l’adaptation » était « le parent pauvre » de la finance climat, tournée plutôt vers la réduction de émissions (énergies renouvelables, transports propres…).

La Banque mondiale a annoncé qu’elle prêterait 4,5 mds USD sur trois ans pour permettre à 150 villes de résister aux impacts et qu’elle les aiderait à attirer des financements privés. Les collectivités ont fait valoir leur rôle mais leur difficulté à accéder à certains fonds.

Risque climatique

237 entreprises se sont engagées à améliorer leur prise en compte du risque climatique dans leurs activités. Parmi elles, 20 des plus importantes banques et 80% des gestionnaires d’actifs, comme HSBC ou l’assureur AXA.

Elles comptent publier « leur stratégie pour gérer les risques (climatiques) mais aussi pour saisir les opportunités » qu’offre la lutte contre le réchauffement.

Entreprises sous surveillance

Un groupement de plus de 200 grands investisseurs, dont HSBC et le plus gros fonds de pension public américain (CalPERS), a décidé de mettre la pression sur 100 entreprises parmi les plus polluantes, pour qu’elles améliorent leur gouvernance sur le climat, réduisent leurs émissions et renforcent la publication de leurs informations financières relatives au climat.

La liste des cent entreprises visées (« ClimateAction 100+ »), comprend de grands groupes pétroliers et gaziers (BP, Chevron, Coal India…), des acteurs du secteur des transports (Airbus, Ford, Volkswagen…), et des groupes miniers et sidérurgiques (ArcelorMittal, Glencore…).

Pendant cinq ans, ces 225 investisseurs, qui représentent 26.300 mds de dollars d’actifs sous gestion, vont suivre de près ces entreprises. Si elles font des progrès, elles pourront être retirées de la liste.

Budgets verts

Le président de l’OCDE a annoncé le lancement d’une initiative baptisée « Paris Collaborative on Green Budgeting », à laquelle la France et le Mexique vont adhérer, et qui doit contribuer à l’élaboration de méthodologies pour établir des « budgets nationaux +verts+ ».

Fonds souverains

Norvège, Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Koweit et Nouvelle-Zélande lancent, à l’initiative de la France, une coalition de fonds souverains pour flécher des financements vers l’action climatique.

Banques centrales

Huit banques centrales et autorités de supervision (France, Mexique, Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Suède, Singapour, Chine) s’unissent dans un réseau pour échanger leurs points de vue et expériences. Le but: accélérer la prise en compte des enjeux climatiques dans la supervision financière et dans le refinancement des banques commerciales, le tout pour promouvoir un développement ordonné de la finance verte. Une conférence internationale est prévue en avril 2018 à Amsterdam.

Prix du carbone

Le Chili, la Colombie, le Mexique, le Costa Rica et plusieurs Etats américains (Californie et Washington) et provinces canadiennes (Ontario, Québec, Colombie Britannique…) ont lancé une initiative pour développer leurs marchés du carbone et s’engagent à aller vers une plus grande coordination entre eux.

Neutralité carbone

La coalition neutralité carbone annoncée pendant la COP 23 s’ouvre à 33 nouveaux acteurs (régions, entreprises et pays) et s’engage à publier dès 2018 et au plus tard en 2020 une trajectoire « neutralité carbone » à l’horizon 2050.

Obligation verte

Le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé que son pays émettrait l’an prochain une obligation verte souveraine de 5 milliards d’euros, devenant ainsi le deuxième pays de la zone euro après la France à agir de la sorte.

HyFact n°1: Lund’Hy 18/12/2018

La newsletter HyFact: Une revue des temps forts de l’hydrogène et des piles à combustible à l’échelle de la semaine.

  1. Une douzaine d’industriels (dont Toyota, Nissan et Honda) créent une coentreprise pour développer l’hydrogène au Japon.
  2. Lancement à Saint-Lô des premiers vélo électriques à hydrogène en France.
  3. Air Liquide inaugure une station hydrogène à l’aéroport d’Orly. 
  4. Des bus à hydrogène expérimentés entre 2019 et 2021 sur le réseau urbain de l’Auxerrois. 
  5. Philippe Boucly élu nouveau président de l’AFHYPAC. 
  6. Retrospéctive 2017 de l’AFHYPAC sur l’avancement de l’hydrogène dans le monde, disponible ici.

La bataille de l’Arctique

La semaine dernière la production de gaz naturel liquéfié (GNL) a commencé sur la première ligne de production du mégaprojet Yamal. Toujours dans l’Arctique, l’Etat Norvégien a accordé la semaine dernière un permis d’exploitation en mer de Barens au pétrolier national Statoil. Ces deux annoncent font monter l’inquiétude (et la colère) dans les ONG environnementales qui ont poursuivi l’Etat Norvégien pour sa décision.

Est-ce le signe annonciateur de la fin de l’immunité Arctique? A vrai dire l’Arctique a encore l’espoir d’en réchapper pour plusieurs raisons. D’abord, l’intérêt financier de tels projets est limité car le coût d’exploration et d’exploitation est très important. Ce genre de projet fait d’ailleurs souvent l’objet de consortium complexe entre les Etats et plusieurs compagnies pétrolière afin de diminuer le risque financier. Ensuite, les conditions météo sont particulièrement difficiles ce qui rend le niveau technique et technologique de ces installations très exigent, causant du délai et des prévisions de production difficiles. Enfin, la mobilisation des ONG est très forte sur la thématiques des nouvelles explorations dans ce secteur. On se souviendra notamment de la campagne de GreenPeace contre Shell qui avait été conclue par l’abandon du pétrolier de son projet de forage dans l’Arctique.

Cependant toutes ces raisons sont relatives au prix de baril. Aujourd’hui la conjoncture rend l’or noir (et donc le gaz) bon marché à 57$ le baril de BRENT, ce qui limite les investissements, mais combien de temps tiendra le Grand Nord quand le baril reprendra 3 chiffres? Une crise au moyen orient à court terme ou un peak oil à moyen terme suffirai à relancer les explorations ambitieuses sous les banquises quasi-éternelles du pôle Nord.Résultat de recherche d'images pour "gisement arctique"

Source carte: Le Figaro

K.H.

Well down Mr. Trump!

Le président Donald Trump a amputé lundi deux « monuments nationaux » de l’Utah, marquant le plus important retour en arrière en la matière en plus d’un siècle, et qui pourrait ouvrir la voie à l’exploitation minière et pétrolière de ces réserves naturelles.

Le milliardaire a fait le déplacement à Salt Lake City, la capitale de cet État de l’ouest des États-Unis, pour cette annonce: une réduction de 85% du Bears Ears National Monument, créé en décembre 2016 par Barack Obama, et d’environ 45% du Grand Staircase-Escalante National Monument, créé en septembre 1996 par Bill Clinton. Cette décision a scandalisé les tribus amérindiennes et les défenseurs de l’environnement dont certains ont porté plainte dès lundi.

Le président républicain a justifié sa décision en expliquant qu’il s’agissait de restituer aux autorités locales des terres détenues par le gouvernement et de supprimer la main-mise de Washington. « Les familles et les quartiers de l’Utah connaissent et aiment mieux cette terre et vous savez le mieux comment (en) prendre soin », a-t-il déclaré, estimant que ce « lien avec les grands espaces ne devait pas être substitué aux caprices de régulateurs à des dizaines de milliers de kilomètres de là ».

Cette initiative soulève également des interrogations sur l’avenir d’autres zones de conservation créées en vertu d’une loi de 1906. « Cette loi requiert que seulement les plus petites zones nécessaires soient mises de côté pour une protection spéciale en tant que monuments nationaux », a relevé M. Trump, considérant que « de précédents gouvernements ont ignoré cette norme et utilisé la loi pour bloquer des millions d’hectares de terres et d’eau sous strict contrôle » fédéral. « Je suis un promoteur immobilier. Lorsqu’on commence à parler de millions d’hectares, je dis : pouvez-vous répéter? C’est beaucoup », a-t-il poursuivi.

Selon ses détracteurs, les régions concernées abritent plus de 100 000 sites archéologiques y compris de l’art rupestre datant d’au moins 5 000 ans et des restes de 21 espèces de dinosaures jusqu’alors inconnues. L’organisation de protection de l’environnement Friends of the Earth a accusé M. Trump et ses alliés de piller les ressources. « Donald Trump supervise la plus importante élimination des zones protégées de l’histoire des États-Unis. Démanteler ces parcs est le dernier cadeau de Trump aux intérêts économiques qui ont soutenu sa campagne. Cette action est sans précédent et se terminera devant les tribunaux », a-t-elle averti.

Dix organisations de protection de l’environnement dont le Sierra Club et la Wilderness Society (TWS) ont immédiatement porté plainte devant un tribunal de la capitale fédérale Washington. Elles dénoncent une « proclamation illégale » de Donald Trump qui va « mettre en danger des trésors géologiques » et archéologiques et « fait fi de 111 années d’histoire de la protection » de l’environnement. « C’est un jour triste pour les peuples indigènes et pour l’Amérique », a pour sa part écrit la Nation Navajo dans un communiqué, ajoutant qu’elle allait, aux côtés de « quatre autres tribus (…), porter plainte contre l’administration » Trump.

Source: AFP

Pour mettre des images sur les mots:

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Le contrat de transition écologique fait (presque) consensus.

Présenté aux élus le 20 septembre à la Conférence des villes, le CTE (contrat de transition écologique) a été commenté par le Cese (Conseil économique, social et environnemental) dans le cadre de sa saisine sur les modalités d’organisation et d’animation de la transition écologique à l’échelon local. Ces contrats seront expérimentés sur une quinzaine de territoires début 2018 avant la présentation de la doctrine définitive à la conférence des territoires en décembre prochain.

Les conclusions du Cese préconisent un « cadre pérenne » pour donner le temps aux territoires de mener à bien les projets ainsi que des objectifs « ambitieux » avec des « indicateurs précis » pour susciter l’adhésion des territoires. Le CLER (Réseau pour la transition énergétique) et la FNE (France Nature Environnement) partagent largement ces recommandations mais auraient aimé aller plus vite : »Il ne faut pas se cantonner à l’expérimentation et le proposer d’emblée à l’ensemble des territoires qui sont prêts« , estime le CLER. L’aspect financier est aussi l’objet de divergences puisque l’Etat n’a pas prévu de fonds spécifiques comme le demande le Cese « pour les rendre crédibles et attractifs« , mais simplement la création d’un guichet unique rassemblant les financement existants. Le Cese va même plus loin et propose des contrats d’objectifs assortis d’un dispositif de versements proportionnels en fonction des objectifs atteints.

Enfin, face aux évolutions que la transition écologique va engendrer sur les bassins d’emplois, le Cese alerte sur l’importance du volet social. Pour ne pas oublier cette composante, le Cese propose d’ailleurs de rebaptiser ces contrats « contrat de transition écologique et solidaire » (CTES). Cette recommandation reçoit un échos favorable du ministère qui entend bien suivre la ligne de son ministre « la transition écologique sera solidaire ou ne sera pas. ».

Pour d’information sur les recommandations du Cese:
http://www.lecese.fr/travaux-publies/la-transition-ecologique-et-solidaire-lechelon-local